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La dernière nuit avant le départ

La dernière nuit avant le départ

Demain matin — enfin, dans quelques heures maintenant — ce sera le grand départ.

Nous avons décidé qu’il se ferait en comité restreint. Il y aura mon père, ma cousine, quelques amis et les journalistes. Je ne me sentais pas capable de partir devant toute ma famille et de les laisser derrière moi à ce moment-là.

Alors, ce soir, nous avons organisé un dernier repas tous ensemble. Il y avait mes parents, ma belle-mère, mon frère, sa femme et mes neveux.

Émotionnellement, cela a été très difficile.

Je sens que mon départ fait beaucoup de mal à ma mère. J’ai aussi senti mon frère très touché. Et moi, je n’ai pas réussi à retenir mes larmes.

Aujourd’hui, je sais que je ne reverrai probablement pas mes neveux avant plusieurs mois. Ils n’ont même pas encore quatre ans et, lorsque je les retrouverai, ils en auront peut-être déjà cinq. À cet âge-là, quelques mois représentent énormément. Imaginer tout ce que je vais manquer me fait très mal.

Il est maintenant 3 h 40 du matin et je  suis encore en train d’effectuer les derniers ajustements. J’ai peur d’oublier quelque chose : des papiers, une démarche administrative, un objet important… Je sais déjà que certaines choses ne pourront pas être terminées avant mon départ. Heureusement, j’ai la chance d’avoir une famille soudée sur laquelle je pourrai compter.

Aujourd’hui, j’ai tout de même réussi à boucler plusieurs choses importantes qui me stressaient beaucoup. Je le dois notamment à Alizée, ma cousine, qui m’a énormément aidé dans ces derniers préparatifs. Elle va également m’accompagner à vélo pendant la première partie du voyage. Savoir que je ne serai pas seul pour vivre les premiers jours de cette expédition me rassure énormément.

Ces dernières semaines, j’ai travaillé à flux tendu. Finalement, ce n’était peut-être pas plus mal. Le fait d’être constamment occupé m’a empêché de trop penser au départ et à la tristesse de quitter mes proches, même si cela n’a pas toujours été facile.

Dans quelques heures, je prendrai la route. J’ai prévu une première journée assez courte, avec moins de kilomètres que mon objectif habituel. Il faudra déjà gérer les émotions, les derniers imprévus et réaliser que, cette fois, l’expédition a réellement commencé.

Ça y est, j’y suis.
10 000 kilomètres, Mickaël.

Il est presque quatre heures du matin. Il est temps d’essayer de grappiller quelques heures de sommeil.