Aujourd’hui, j’ai officiellement annoncé sur les réseaux sociaux que mon départ aurait lieu le 31 juillet. Pendant des mois, cette date est restée abstraite. Je préparais le vélo, l’itinéraire, le matériel et tout ce qui devait l’être, mais le départ semblait toujours suffisamment loin pour que je puisse ne pas trop y penser. Maintenant que je l’ai annoncé publiquement, il est devenu réel. Et, pour être totalement honnête avec vous, j’ai très mal au ventre.
J’imagine que c’est normal à une semaine du départ d’une expédition comme celle-ci. Pourtant, je ne sais pas exactement ce qui me fait le plus peur. Il y a d’abord le fait de partir loin et longtemps. Mes neveux vont énormément me manquer, tout comme le reste de ma famille. Je sais pourquoi je pars et je sais que ce voyage est important pour moi, mais cela n’empêche pas la séparation d’être difficile.
Et puis, il y a la peur d’échouer. Je vais partir. Là-dessus, je n’ai aucun doute. Après tout le travail accompli et tous les obstacles déjà traversés, renoncer avant même d’avoir essayé n’est plus une possibilité.
En revanche, je sais aussi qu’une expédition comme celle-ci reste fragile. Il suffit d’un accident important, d’une panne grave ou d’un problème de santé pour que tout soit remis en question. Et si je devais interrompre le voyage, je ne serais probablement pas capable de financer un second départ.
Financièrement, je suis arrivé au bout de mes réserves. Tout ce que j’avais a été investi dans ce projet. Je vais prendre la route avec environ 1 000 euros d’avance et quelques sources de revenus représentant, pour le moment, à peu près la moitié d’un SMIC. Ma boutique en ligne va donc jouer un rôle essentiel dans la suite de l’aventure. Sa mise en place a été plus compliquée que prévu, mais j’arrive enfin au bout. Je devrais bientôt pouvoir l’ouvrir et vous la présenter. J’espère sincèrement qu’elle fonctionnera suffisamment pour m’aider à poursuivre l’expédition dans de bonnes conditions.
Malgré toutes ces inquiétudes, les préparatifs avancent bien. J’ai commencé à rassembler tout ce que je dois emporter et je pense n’avoir rien oublié d’essentiel. J’ai énormément réfléchi à mes besoins, peut-être même parfois un peu trop.
Il me reste notamment une assurance à activer. J’ai attendu le dernier moment parce qu’elle coûte très cher, mais aussi parce que sa durée est limitée. Si le voyage devait durer plus longtemps que prévu, je préférais la faire commencer au plus près du départ afin de ne pas perdre plusieurs semaines de couverture avant même d’être sur la route.
Il y a aussi une chose qui me rassure beaucoup : ma cousine va m’accompagner à vélo pendant les deux ou trois premières semaines. Je ne serai donc pas seul pour affronter les premiers kilomètres et prendre progressivement mes repères. Sa présence rend le départ un peu moins effrayant. Au-delà des accidents, des pannes et de l’argent, une autre peur me traverse parfois : celle de faire tout cela pour rien.
Et si je ne perdais pas autant de poids que je l’espère ? Et si ma santé ne s’améliorait pas de manière suffisamment significative ? Et si, malgré tous ces efforts, mon lymphœdème continuait à me complexer et à me pourrir la vie ? Je n’ai aucune garantie.
Mais au fond, je sais aussi que ce voyage ne pourra pas être inutile. Même si les résultats ne correspondent pas exactement à ce que j’imagine aujourd’hui, prendre la route sera déjà une victoire. Il y a encore quelques années, sortir de chez moi était parfois une épreuve. Dans une semaine, je vais partir traverser l’Europe à vélo.
J’ai peur, oui. Je doute. J’ai mal au ventre. Mais je vais partir. Et j’espère de tout mon cœur que ce départ sera le début de quelque chose de grand.